Un peu d’histoire

Les origines

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Une naissance très lointaine

L’histoire commence par une hybridation naturelle qui a donné un blé tétraploïde (2 jeux de 2×7=28 chromosomes) au grain vêtu. Le blé dur Triticum turgidum, proche de celui que nous connaissons aujourd’hui, est apparu environ 7000 ans avant JC, suite à une mutation donnant un blé à grain nu.

Le blé dur serait un des parents possibles du blé tendre (3 jeux = 42 chromosomes). Le génome D, absent chez le blé dur, a apporté au blé tendre une adaptation aux régions à hiver froid et été humide. Le blé dur a ainsi colonisé les régions méditerranéennes pendant que le blé tendre s’étendait en Europe continentale et en Asie centrale.

Le blé dur est arrivé en France environ 5000 ans avant JC.

Le développement en France

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De l’après guerre au début des années 80

Au sortir de la seconde guerre mondiale, on ne cultive pas de blé dur en France ; les 200 000 tonnes triturées sont importées (Canada, Argentine, Maghreb).

Sous l’impulsion de l’industrie, des tests de culture sont réalisés en 1949. Les variétés cultivées, originaires d’Afrique du nord (Bidi 17), sont sensibles à la verse, au froid et beaucoup moins productives que le blé tendre. La culture démarre donc dans le Sud-Est, s’étend vers le Sud-Ouest et un peu dans le Centre en culture de printemps.

C’est l’innovation variétale qui va faire progresser la culture : sélection à l’Inra de Montpellier pour le Sud (Montferrier, Agathé) et introduction de variétés nord-américaines pour le Nord (Lakota, Wells).

La sélection de variétés à paille courte mais de mauvaise qualité pastière (Durtal, Tomclair) provoquera, après une brève envolée des surfaces, une crise dans la filière qui placera la qualité au centre des objectifs de la sélection. Les premières variétés réunissant bonne qualité, rendement et tolérances agronomiques sont inscrites en 1982 (Arcour, Capdur) ; la culture du blé dur est lancée.

La réforme de la PAC : un tournant dans l’histoire

Ce sont alors les réformes de la Politique Agricole Commune et le rapport de prix Blé dur/blé tendre qui bouleverseront la filière.

Ces fortes variations de surface sont typiques de la filière blé dur : filière assez petite et à débouché exclusif en alimentation humaine. Ces variations fragilisent la filière à tous les niveaux.

Recherche variétale et progrès techniques ont fait fortement progresser les rendements jusqu’à la fin du 20è siècle. Depuis les années 2000, les rendements sont relativement stables, oscillant au gré du climat plus ou moins favorable.

Les écarts de potentiels de rendement entre les quatre bassins de production tiennent avant tout à leur climat (bilan hydrique). Les quatre bassins sont rarement affectés simultanément ce qui sécurise la production nationale.

Simultanément, la qualité de la production française a fortement progressé, notamment avec une augmentation de la couleur des blés durs (teneur en caroténoïdes).

Source : Blé dur – Guide de culture © ARVALIS – Institut du végétal – Novembre 2017