Economie du blé dur

Agriculteurs et marché en France

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Une économie variable selon les régions

La place économique du blé dur dans les exploitations est plus ou moins importante selon les régions de production. On retrouve deux grandes tendances : en zone « Centre », « Ouest océan » et « Sud-Ouest », la culture du blé dur est principalement présente dans les exploitations de grandes cultures avec une part du chiffre d’affaires blé dur allant de 15 à 30 % selon que l’on soit dans la zone «Centre et Ouest océan» ou dans le Sud-Ouest. Dans ces zones-là, la culture du blé dur est en compétition dans les assolements avec le blé tendre ou le blé améliorant.

Dans la zone Sud-Est, le blé dur est majoritairement cultivé dans des exploitations à orientations viticoles et/ou arboricoles ; même s’il représente une part de surface importante de l’exploitation (≈ 30 %) son impact sur le chiffre d’affaires de l’exploitation est moindre (≈ 15 %).

La compétitivité du blé dur

Coût de production et prix d’intérêt sont deux indicateurs majeurs pour juger de la compétitivité de la production d’une culture par rapport aux prix du marché. Le coût de production complet du blé dur va de 270 €/t à 330 €/t selon les zones de production avec un impact important du niveau de productivité (rendement en t/ha). Une fois retranchée les aides PAC (y compris l’aide couplée pour la Haute-Garonne) le prix d’intérêt complet du blé dur va de 230 €/t dans le Loir-et-Cher à 270 €/t pour la Haute-Garonne. Par rapport aux prix moyens payés aux agriculteurs de ces différentes régions sur les années observées (2013/2014/2015), le blé dur apparaît comme une culture compétitive en intégrant les aides PAC ; cette compétitivité apparaît plus contestée pour la zone sud.

Dans trois des zones de production française (Centre, Ouest océan et Sud-Ouest), le blé dur peut rentrer principalement en compétition dans l’assolement avec le blé tendre. Outre les considérations subjectives des producteurs vis-à-vis de telle ou telle culture, il est souvent reproché au blé dur d’être une culture «délicate», dont la productivité est moindre par rapport au blé tendre et dont la qualité est fortement tributaire des conditions de culture de fin de cycle. A cela s’ajoute une volatilité des prix exacerbée par rapport aux autres céréales du fait des spécificités du marché mondial du blé dur : marché avec peu d’intervenants et dépendant d’un acteur majoritaire le Canada.

On constate cependant qu’en moyenne, sur la période observée, la marge brute blé dur (y compris les aides PAC) est supérieure à celle du blé tendre ; de 200 à 500 €/ha en fonction des départements.

1. coût de production complet signifie que tous les facteurs de production ont été rémunérés : main-d’oeuvre familiale, foncier, capital et approvisionnements.

Source : Blé dur – Guide de culture © ARVALIS – Institut du végétal – Novembre 2017