La sélection variétale

Pour bien comprendre

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Définition

La sélection, encore appelée amélioration des plantes, consiste à créer et choisir des plantes qui présentent les caractéristiques souhaitées et répondent à des besoins ciblés (agricoles, alimentaires, médicaux, industriels, technologiques…).

Histoire

La sélection a débuté avec la domestication des plantes il y a environ 10 000 ans lorsque l’Homme s’est sédentarisé et a commencé à cultiver des plantes qui étaient jusqu’alors sauvages. Il a dans un premier temps repéré et conservé les individus qui correspondaient le plus à ses attentes. C’est ainsi qu’a débuté l’agriculture !

Grâce notamment aux travaux de Mendel (XIXè siècle) et sa découverte sur les lois de l’hérédité génétique, nous sommes passés progressivement d’une sélection empirique, dite « massale », à une sélection ciblée et structurée. La sélection telle que nous la connaissons aujourd’hui est une activité complexe faisant appel à de nombreuses compétences et disciplines, allant de la génétique à l’agriculture, en passant par la biologie, la pathologie, l’informatique ou encore les statistiques. La sélection a permis la création de nombreuses variétés améliorées et participe ainsi à la diversité des plantes cultivées.

Objectifs

Aujourd’hui le sélectionneur a pour objectif de trouver des variétés combinant plusieurs caractères favorables. Pour cela il étudie un grand nombre de plantes et croise les plus intéressantes entre elles. Intervient ensuite tout un processus de sélection où les plantes sont testées dans différents environnements et un grand nombre de caractères sont étudiés. Il faut en général 8 à 10 ans pour créer une nouvelle variété et qu’elle soit disponible pour les agriculteurs.

©GNIS

La sélection variétale du blé dur

La sélection du blé dur en France a débuté dans les années 70. Il a été dès lors question de trouver des variétés pouvant s’adapter à nos différents terroirs et aux exigences de l’industrie. Un des premiers critères travaillés a été la réduction de la taille des pailles et la résistance à la verse afin de sécuriser les récoltes. En parallèle de nombreux projets n’ont cessé de faire progresser la qualité des blés durs que nous cultivons en France.

Parmi les principaux caractères auxquels le sélectionneur s’intéresse, nous pouvons citer :

  • Le comportement agronomique (résistance à la verse, précocité, résistance au froid…)
  • La production en grain (rendement)
  • La qualité physique et technologique (teneur en protéines, mitadin, moucheture, poids spécifique, couleur…)
  • La résistance aux pathogènes (rouilles, fusariose, virus…)

Un progrès continu

Depuis plus de 30 ans, le progrès génétique apporté par la sélection française est indéniable. On estime le gain de rendement à environ 1% par an, soit 0.7q/ha/an.

Rendement moyen des variétés selon leur année d’inscription
©ARVALIS – Institut du végétal

Dans le même temps, la qualité technologique a progressé de manière continue avec notamment une augmentation de l’indice de jaune et du PMG.

Bien que les nouvelles variétés aient une plus grande capacité à valoriser l’azote présent dans le sol et à le faire transiter jusqu’aux grains, on observe une légère diminution des teneurs en protéines du fait du phénomène de dilution lié à l’augmentation des rendements. Cependant la capacité des nouvelles variétés de blé dur à limiter cette dilution a tendance à augmenter, à niveau de rendement équivalent.


La résistance aux maladies et bio-agresseurs est également au centre de toutes les attentions des sélectionneurs qui mènent de nombreux travaux pour exploiter la résistance génétique afin de pallier l’évolution des pathogènes et l’apparition de nouvelles virulences.

L’importance de la diversité

L’accès et la valorisation des ressources génétiques (variétés anciennes, variétés étrangères, espèces apparentées…) est essentielle pour la pérennité de la sélection. Même si une variété est peu adaptée à nos attentes d’un point de vue agronomique ou qualité, celle-ci peut présenter une caractéristique recherchée qu’il est intéressant de transférer dans des variétés améliorées.

Par ailleurs, l’étude des mécanismes génétiques sous-jacents à tel ou tel comportement (résistance à un champignon, teneur en protéines, hauteur, vernalisation…) permet d’identifier les gènes ou QTLs impliqués, ce qui permet d’en faciliter la valorisation dans les programmes de sélection. Les biotechnologies peuvent alors venir en appui de la sélection « classique » en permettant de travailler plus finement et plus rapidement. Ces techniques de laboratoire qui évoluent constamment sont de plus en plus perfectionnées et précises et s’avèrent être un outil précieux pour la sélection.

Qui réalise la sélection du blé dur

Il y a aujourd’hui 4 programmes de recherche privée dédiés au blé dur en France. Ces quatre obtenteurs travaillent en commun sur certaines thématiques dans le cadre du GIE Blé dur mais conservent néanmoins des programmes de sélection indépendants et spécifiques.

Chaque programme réalise plusieurs centaines de croisements chaque année et trie ensuite dans la descendance les plantes les plus prometteuses. Pour évaluer le potentiel des lignées les plus avancées, chaque obtenteur possède son propre réseau d’expérimentation avec des sites répartis sur l’ensemble des 4 bassins de production de blé dur. C’est en multipliant les contextes (années, climats, zones) et les observations faites sur le terrain et en laboratoire qu’il est possible d’identifier les lignées qui présentent un intérêt pour la filière qui seront les variétés de demain.

Castration du blé dur (Source ©Florimond Desprez)

Il faut 8 à 10 ans pour mettre au point une nouvelle variété de blé dur.
S’ensuit un examen officiel de 2 ans conduit pas le GEVES et qui regroupe des experts de différents horizons pour évaluer chaque candidat. Le dispositif d’inscription des nouvelles variétés permet d’identifier les variétés répondant aux attentes des agriculteurs, des industriels et de la société.

©Gnis

©Florimond Desprez

Consultez dans notre site le chapitre sur les chiffres sur la sélection du blé dur en France .