Un peu de géographie

Les zones de culture du blé dur en France

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L’importance du climat

Afin de préserver la qualité des grains et de maximiser le potentiel de la culture, le blé dur s’implante dans des régions où le risque climatique en fin de cycle est réduit. L’objectif est de favoriser un enracinement optimal (sol ressuyé, pas de problème d’hydromorphie, …) et de limiter les risques de moucheture et de mitadinage liés en partie aux pluies après le stade épiaison. S’il fallait résumer les principales caractéristiques d’un milieu favorable au blé dur, on citerait : un sol sain et une fin de cycle ensoleillée. Un sol sain car le blé dur a des racines fragiles et une fin de cycle ensoleillée car ses épis sont fragiles.

Aujourd’hui les zones de production sont réparties sur 4 bassins de production : Le Sud-Est, le Sud-Ouest, L’Ouest Océan et le Centre.

Carte des zones de production de blé dur en France
©ARVALIS Institut du Végétal

Le blé dur dans chaque région de production

Le Centre

La région de production la plus propice à la production du blé dur correspond à la Beauce entre Blois, Orléans et le sud de Chartres. C’est dans ce secteur que cette culture est la plus concentrée. Les autres régions de production sont principalement le sud de l’Ile-de-France, certains secteurs du Berry (Issoudun) et le Richelais (37). C’est dans les limons argileux profonds et sains que l’on observe les écarts de rendements les plus faibles entre blé dur et blé tendre. Mais l’irrigation bien conduite permet d’obtenir de bons niveaux de rendement et des récoltes de qualité dans les sols plus superficiels. En parcelles irriguées, le blé dur de printemps est significativement présent et allège les rotations en cultures d’hiver.

L’Ouest

Le blé dur est cultivé principalement dans deux types de milieux très différents. Dans les marais drainés, les sols sont très profonds avec des RU importantes (plus de 150 mm), les potentiels sont élevés et dépassent régulièrement 80/90 q/ha. L’influence maritime offre un ensoleillement élevé, favorable à la culture en fin de cycle.

Le blé dur, semé à partir du début novembre, succède souvent à un maïs récolté très tôt (dès mi-septembre) pour permettre un travail profond du sol favorisant l’enfouissement des résidus et la dégradation des résidus et limitant ainsi le risque de fusariose. La culture est très fréquente également dans les sols argilo-calcaires, soit en système irrigué dans les groies superficielles, soit sans irrigation dans les groies profondes notamment en Aunis ou dans les Aubues du Nord-Est de la Vienne ou les Champagnes du sud de la région. Les potentiels dépendent de la réserve utile et de la capacité d’irrigation.

Le Sud-Ouest

Le blé dur est très concentré dans le Lauragais et dans l’ouest de l’Aude sur des alluvions et des sols argilo-calcaires plus ou moins profonds (entre 50 à 120 mm de réserve hydrique). Cette variabilité de réserves utiles et un climat généralement doux sur la campagne et sec en fin de cycle expliquent les fortes variations de potentiel, en moyenne entre 40 et 80 q/ha. Le blé dur est également très présent dans les argilo-calcaires du Gers et du Tarn mais également sur des sols limoneux où les contraintes pédoclimatiques sont fortes. Le blé dur est également présent plus à l’ouest dans les marais de l’estuaire de la Gironde où les systèmes de production sont plus proches de l’ouest.

Le Sud-Est

Le blé dur représente 80 % des surfaces en céréales. Il y est marqué par le déficit hydrique et la douceur de l’hiver, mais aussi parfois par l’excès d’eau en automne. La variabilité des pluies induit une grande variabilité des rendements ; et le réchauffement climatique a réduit son potentiel de rendement d’environ 10 q/ha depuis 1990.
Le blé dur y est essentiellement cultivé dans des sols à réserve en eau moyenne à très élevée (120 à plus de 200 mm).

Source : Blé dur – Guide de culture © ARVALIS – Institut du végétal – Novembre 2017